Soutenance de thèse

Le Vendredi, 1. octobre 2021 -
14:00 - 19:00
Salle des Actes à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Site Saint Charles

Monsieur Yves LE GALL

Soutiendra vendredi 1er octobre 2021 à 14 h

Salle des Actes n° 011, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Études du monde anglophone

Titre de la thèse : Le roman britannique contemporain au défi de la vulnérabilité. M. Amis, J. Coe, J. McGregor, D. Mitchell, P. Neate

Composition du jury :

  • Mme Catherine BERNARD, Professeure, Université de Paris
  • M. Jean-Michel GANTEAU, Professeur, Université Paul-Valéry Montpellier 3, directeur de thèse
  • M. Georges LETISSIER, Professeur, Université de Nantes
  • Mme Pascale TOLLANCE, Professeure, Université Lumière Lyon 2

Résumé de la thèse

Le roman britannique contemporain se caractérise par une tendance significative à créer des personnages que l’on peut qualifier de sujets vulnérables. Des modes singuliers de subjectivation les font advenir de leur exposition aux autres et au monde et des épreuves qu’ils traversent. Sont ainsi privilégiées toutes formes d’expériences sensibles affectant les corps mais aussi les psychismes comme celles des temporalités déstabilisantes portées par les coïncidences, les hantises et les rêves. Une dynamique se déploie par laquelle les situations les plus inextricables ne se débloquent certes pas systématiquement mais conduisent toujours vers des perspectives inédites, suggérant l’existence d’une véritable force émanant du vulnérable. Cette idée d’une énergie se déployant hors de tous sens préconçu et se renforçant par la simple adhésion des individus au pâtir de leur vie, tient d’un véritable défi pour la fiction. La capter offrirait l’opportunité d’impulser de nouvelles formes d’énonciation s’affranchissant de tout souci de représentation et d’effort de maîtrise en ouvrant vers des espaces indéterminés et sans cesse renouvelés. Cinq romans britanniques récent nous semblent exemplaires de l’émergence d’une parole à laquelle nous attribuons le qualificatif de vulnérable, par laquelle la narration se fraie des chemins inédits en se nourrissant de l’énergie du vulnérable et en faisant corps avec lui. Ces romans montrent aussi que cette parole peut contribuer à la création d’un commun qui se construirait à partir d’expériences sensibles et partagées, contribuant à de nouvelles formes de socialité et donnant un sens nouveau au politique. Par l’usage de cette parole, la fiction devient elle-même forme vulnérable conduisant le lecteur dans un univers de relations et d’interdépendances où il perd ses repères, se confronte avec l’inexplicable et doit lui-même participer à la création de rapports nouveaux qui se tissent au fur à mesure que se déploie la dynamique narrative. Une attention spécifique est exigée de lui, alors que désorienté, il perçoit sa propre vulnérabilité et son impuissance à accéder à un sens définitif de l’œuvre