PROJET 2027-2031
AXE SOCIOLINGUISTIQUE DES CONTACTS DE LANGUES ET ÉCOLOGIE LINGUISTIQUE
Coordinatrices: Ksenija Djordević Léonard & Bénédicte Pivot
Programme 1 : L’écologie des contraintes sociolinguistiques
Ce programme a pour objectif de fournir des modèles d’analyse qui tiennent compte de la totalité des facteurs intervenant dans les situations de contact de langues, d’un point de vue théorique et empirique, à la lumière des travaux de l’école sociolinguistique catalane sur la diglossie, adossés désormais aux modèles des systèmes adaptatifs dynamiques complexes (Modèle d’Écologie de Pression), de Barcelone et de l’UNAM. Au sein de Dipralang, cette orientation a déjà été appliquée sur de multiples situations de par le monde, avec pour spécificité d’intégrer des modèles complémentaires ou alternatifs (Language Management Theory, Linguistique du Développement Social, etc.). Cette perspective sera maintenue, en intégrant une dimension historiographique de sociolinguistique rétrospective.
Programme 2 : La patrimonialisation dynamique : nouveaux usages des langues en situation de forte vulnérabilité
Dans la continuité des études de « l’école montpelliéraine de sociolinguistique » fondée par Robert Lafont, ce programme vise à poursuivre la réflexion épistémologique concernant les évolutions des conflits diglossiques, notamment dans des situations de forte minor(is)ation. Les travaux de ce programme seront poursuivis dans trois directions :
- Mise en place d’un groupe de travail international concernant la « vulnérabilité » des langues romanes : après le Ier Congrès VulneRom qui aura lieu à Oviedo en juin 2025 on prévoit la constitution d’un réseau d’universitaires intéressés par la question. Il s’agira de mieux définir ce concept de « vulnérabilité » et de mettre en commun les initiatives « de par en bas » (particulièrement les micro-actes glottopolitiques) qui visent à pallier cette vulnérabilité. La notion de « précarité » sera confrontée à celle de « vulnérabilité ». Un IIe Congrès VulneRom devrait avoir lieu en 2027, à Montpellier.
- Poursuite des travaux concernant la langue occitane et le développement du territoire. Il est prévu de proposer à la Région Occitanie un projet pluridisciplinaire (sociolinguistique, histoire, géographie, marketing…) qui travaillera sur les atouts de la langue occitane dans le développement durable des territoires vulnérables. Dipralang coorganisera un Colloque international sur la toponymie dans la perspective de l’aménagement culturel des territoires régionaux.
- La réflexion sera élargie aux facteurs de vulnérabilité qui peuvent conduire à l’exclusion dans des contextes de migration (par exemple, les difficultés de communication linguistique chez les femmes immigrées non francophones (vivant en France).
Programme 3 : Géolinguistique et ethnolinguistique contrastives
La dialectométrie à l’aide de l’application Gabmap (école de Groningen de dialectologie quantitative) a été intensément utilisée lors du contrat qui s’achève, avec des applications sur le diasystème occitan (base de données THESOC) et sur d’autres domaines linguistiques (autres langues gallo-romanes, langues kartvéliennes, langues méso-américaines, niger-congo, etc.). Ce travail sera poursuivi sur d’autres domaines, comme les langues fenniques et ouraliennes, en partenariat avec des universités finlandaises et estoniennes, et les résultats seront analysés, du point de vue de l’incidence des facteurs externes sur les aires dialectales émergentes. Ce programme accueillera des réflexions et des travaux qui associent les démarches quantitatives à des perspectives de géolinguistique, de sociolinguistique et d’ethnolinguistique contrastives en tenant compte des écologies propres aux bassins de variation (milieux montagneux, plaines, archipels, etc.).
Programme 4 : La transmission des langues en situation de migration
La transmission des langues en situation de migration et/ou de minorisation a été et est encore largement abordée dans les travaux des chercheurs de Dipralang sous l’angle de la migration et/ou de la minorisation, en étudiant notamment les processus de résistance à l’assimilation et de résilience dans des contextes de domination linguistique et culturelle. Il existe d’autres perspectives intéressantes à développer. En particulier, il y aurait intérêt à approfondir cette thématique sous l’angle des transmissions médiées des langues via d’autres langues (Lutz Martin, 2013) et aussi via les nouvelles technologies et pratiques de communication, le développement des répertoires se faisant de plus en plus médié par l’écriture. Lutz Marten précise que les ressemblances entre des langues éloignées géographiquement (il travaille sur la famille des langues bantoues) peut s’expliquer par le fait que ces langues sont en contact indirect par l’intermédiaire de plus petites langues, il parle de contact médié (mediated contact). Il s’agit donc de transmission de traits d’une langue à l’autre (cas de langues éloignées géographiquement), par l’intermédiaire de plus petites langues. Nous pourrions donc développer cet axe par une nouvelle journée d’étude, à travers un colloque jeunes chercheurs ou via différents types de publication.
Dernière mise à jour : 17/03/2026





